lundi 13 juin 2016

Le foot, le foot, le foot

Dans son passionnant ouvrage « Histoire d’une couleur », publié en 2008 au Seuil, Michel Pastoureau retrace les aventures du noir. C’est avec l’apparition de l’imprimerie qu’il perd son statut et devient, comme le blanc, une non-couleur pour trois siècles. Vers 1910, les artistes commencent à lui redonner ses lettres de couleur. Mais il faudra attendre encore quelques décennies pour qu’un peintre, Pierre Soulages, né en 1919, lui consacre la totalité de son œuvre…  jusqu’à inventer le terme d’outrenoir, pour désigner l’au-delà du noir. Les artistes, donc, mais aussi les designers, les couturiers remettent au siècle dernier le noir à la mode. Le smoking est noir, la petite robe aussi. Les rockers ont des blousons noirs comme le fameux poète belge qui chante « Noir, c’est noir ». Alors que l'Euro a débuté, qui se souvient que sur le terrain les arbitres ont longtemps été les « hommes en noir »?  En s’habillant d’autres couleurs, ils ont clairement perdu un peu de leur superbe. 

lundi 30 mai 2016

L'été sera chaud, l'été sera chaud

Météo pourrie ou pas, chaque année, c'est la même chanson : on sent arriver l'été par petites touches, toujours les mêmes... Les affiches de festivals fleurissent, l'enfer de la fête de l'école se profile pour les uns, celui de la fête de la musique pour les autres. La plupart des réunions commencent par : tu pars quand cet été ? même si personne n'écoute la réponse. La France se scinde entre juilletistes et aoutiens et le tube de l'été commence à tourner sur les radios.
L'histoire ne dit pas si elle a été écrite un été au 1er siècle avant JC mais voilà que se promène sur le oueb la plus vieille chanson du monde. C'est l'épitaphe de Seikilos. Texte et partition ont été découverts en 1883 en Asie mineure sur une tombe de la ville antique, et des chercheurs l'ont mis récemment en musique. Les paroles sont intemporelles : "Tant que tu vis, brille/ Ne t'afflige absolument de rien/ La vie ne dure guère/ Le temps exige son tribut". 
Sur internet, on peut écouter la version antique jouée à la cithare, ou, plus rock, à la guitare. On draguera peut-être cet été sur une chanson qui a vu Jules César emballer Cléopâtre...




mardi 3 mai 2016

Love, Maths and Eurovision

Il existe des théorèmes pour tout. Des chercheurs britanniques viennent de mettre au point l’équation au 23 variables qui prédit le succès d’une chanson. Ce qui est dingue c’est que personne en France, depuis la regrettée Marie Myriam, n’a pensé à l’appliquer à l’Eurovision, nous évitant de terminer chaque année humiliés derrière l’Ouzbékistan.
Autre calcul anglais et improbable: le travail de Peter Backus, 31 ans, qui a passé 3 ans à chercher, théorème à l'appui, pourquoi il n'avait pas de petite amie, au lieu d’écumer les pubs. En se basant sur l'équation de Drake, qui estime notamment la possibilité d'une existence extraterrestre, Peter a calculé que sur les 30 millions de femmes britanniques, seules 26 lui conviendraient.
"Soit une chance sur 285.000, ce qui n'est pas super "concluait-il, tristoune, son théorème. Il parait que, depuis, Peter a rencontré l’âme soeur... Pour l’Eurovision, rendez-vous le 14 mai. 


vendredi 22 avril 2016

Des culottes et des hommes

Michel Sapin, ministre des finances, est accusé (parmi d'autres) dans un livre qui vient de sortir L'Elysée off de se prêter plus souvent qu'à son tour à des blagues sexistes envers les journalistes (femmes, hein, pas le pauvre Pujadas). Ainsi, en janvier 2015, au forum mondial de l'économie de Davos, il aurait été vu faisant claquer l'élastique de la culotte d'une reporter qui dépassait de son pantalon taille basse.
Le ministre a tout d'abord prétendu à la blague potache, avant de désormais démentir avec une belle ardeur d'avoir jamais été pris la main dans l'élastique.
A sa décharge, on notera qu'avec un boulot comme le sien, les occasions de rigoler sont rares. Et puis surtout, avec un physique pareil, Michel, ce serait dommage de te priver. 

lundi 18 avril 2016

Le zizi

Illma Gore est une artiste californienne de 24 ans désormais célèbre pour avoir peint un portrait intitulé Make America Great Again. On y voit le multimilliardaire Donald Trump, nu et rose comme le petit Jésus mais /et pourvu d'un fort petit zizi. 
"L'oeuvre est censée provoquée une réflexion sur l'importance que nous portons à notre apparence physique et plus particulièrement à nos parties génitales", s'est défendu l'artiste. Las, la réflexion chez les Républicains a été aussi courte que le pénis dessiné. L'équipe de Trump l'attaque et, menacée de mort, Illma s'est réfugiée en Grande-Bretagne. 
Moi, je serais assez pour un procès en bonne et due forme et curieuse des méthodes de défense des uns et des autres. Donald devra-t'il baisser sa culotte à la barre ? L'artiste reprendre ses pinceaux pour rajouter de la matière ? 
Amateurs de micro-penis ou de polémique, le tableau, fort moche au demeurant, est en vente dans une galerie à Londres pour 1 million de livres. Ca fait cher le centimètre. 

mardi 29 mars 2016

Less is more ou l'artichaut


1918. En réalisant son Carré blanc sur fond blanc Kasimir Malevitch signe pour beaucoup la mort de la peinture. Pour l’artiste, au contraire, il s’agit d’une étape vers une plus grande liberté. 2016, l’art contemporain n’en finit pas d’être libre. La dernière tendance, c’est l’art invisible ou l’arty show. C’est rigolo en français, ca sonne comme un nom de légume, mais dans les galeries branchées on se bouscule. Certains artistes font disparaître leurs oeuvres, pour quelques temps ou toujours, l’absence, les amoureux le savent, créant le désir. D’autres vont plus loin et produisent des performances invisibles, à l’heure du tout/trop visible, tout/trop matérialiste. Ainsi, à New-York à l’automne dernier, le show Generator de l’artiste serbe Marina Abramovic n’avait rien à montrer, à vendre, à photographier. Les yeux bandés, un casque sur les oreilles, dans un espace vide, les visiteurs étaient là juste pour ressentir l’énergie produite par l’artiste. Less is more.

jeudi 10 mars 2016

Les selfies d'avant Kim Kardashian

Qu’écrivez-vous lorsque vous essayez un stylo ? Que dessinez-vous lorsque votre esprit vagabonde ou que vous vous ennuyez ? On appelle cela des « essais de plume » ou … des gribouillages ! Erik Kwakkel, un historien néerlandais spécialiste du livre médiéval, a découvert dans de très vieux manuscrits que les scribes du Moyen âge gribouillaient, eux aussi. Qu’en essayant leurs plumes, certains écrivaient probatio pennae (j’essaie mon stylo). Que pour tromper l’ennui (et on imagine en cachette de leur N+1) au milieu des lignes et des lignes d’écriture (l’imprimerie n’existait pas encore) ils griffonnaient des petits bonhommes rigolos ou des formes géométriques. Sur plusieurs de ces précieux manuscrits, l’historien a même découvert que certains copistes se dessinaient, parfois flanqués de leur femme, dans la marge de leurs traités de théologie ou de morale. Les premiers selfies, quoi. Avant Kim.